Le Déni
Un Mal Très Actuel.
Son moteur = le refus de savoir
Témoignage d'une thérapeute.
- Le déclic qui permet de mettre en œuvre une thérapie provient toujours de deux facteurs. Un sursaut de la personne dans un contexte d’usure des ressources
psychologiques, accompagné d’un désir de libération des résistances au changement. Le déni fait partie de ces résistances possibles.
- Dans la relation thérapeutique, depuis la période liée au Covid, les blocages liés au déni sont devenus majoritaires. Ils sont parfois inquiétants, car ils
subsistent alors même que les patients ont grandement besoin d’aide.
- Comment identifier l’action du déni, alors même que par essence, il est un acteur d’engourdissement de la conscience ? Quelques repères généraux permettent de
l’évaluer. Il n’est guère complexe à identifier, mais très compliqué à résorber.
-
Absence de conscience des facteurs psychologiques dans les signaux de malaise. Confiance très limitée dans les acteurs du
soin ou de l’accompagnement. Refus d’entendre les choses. Démultiplication des expériences thérapeutiques stériles.
- Le déni s’assimile à une forme de prison intellectuelle. La personne souffre, mais ne croit pas dans les ressources du
dialogue et l’expertise. Cette posture représente une forme d’entrave pour changer, même dans des épreuves majeures de santé et met en danger les relations de proximité qui sont soucieuses.
- Le fonctionnement du déni met à l’épreuve des visions philosophiques éthiques, voire morales : à quoi sert le réveil de la conscience ; doit-on ne jamais se
sentir responsable de sa vie ou des évènements ; utiliser les relations d’aide pour valider le fait que « personne » n’est apte à m’aider. Souvent issue d’un complexe de supériorité, la
personnalité s’épuise et sombre alors dans un complexe d’infériorité. La personne dans le déni instrumentalise la situation, mais peut tomber dans son propre piège.